Non à la prise de position de l’UNSA en faveur de la fusion des Conventions Collectives de l’assurance

C’est devenu une mode…

Pourquoi vouloir détricoter un maillage conventionnel que nous avons patiemment construit pendant des décennies?

La CFE-CGC défend farouchement les spécificités conventionnelles parce qu’elles ont un sens, une utilité réelle, qu’elles regroupent sous leurs métiers respectifs des identités sociales fortes et que l’exercice de ces métiers comporte justement des particularismes et des contraintes très spécifiques qu’il est nécessaire d’encadrer différemment au plan de la gestion sociale, ajoutons que notre population administrative est aussi très attachée à sa convention de Mai 92.

Vouloir regrouper nos conventions en une seule, ne peut constituer un but à lui seul.

Qui peut affirmer aujourd’hui, vu le contexte économique que nous connaissons, que nous serions assurés de négocier avec notre patronat de branche des avantages à la hausse par rapport  à l’existant, voir même à l’identique? C’est utopique, dangereux, et par dessus tout totalement illusoire.

Et quid du temps de travail?                        

Si l’on admet que certaines conventions nécessitent un lifting, alors revoyons-les! Convention par convention, il n’est pas besoin de créer un big bang dont nous sortirions tous diminués, avec à la clé des comptes à rendre aux salariés que nous avons vocation à défendre. Cette aventure est aujourd’hui risquée.

D’autre part le bien être des commerciaux peut aussi être pertinemment amélioré au sein des entreprises, vu la disparité des situations.

Ce débat est aussi celui, un peu plus national, du traitement des classes moyennes et du sort qu’on leur réserve.

Sans parler du matraquage fiscal dénoncé par notre confédération, le fait de vouloir tout niveler, forcément par le bas, va finir par tuer l’ascenseur social.

L’assurance a su, justement, préserver une classe moyenne à un niveau intéressant. C’est un bon exemple dont les résultats, certes, viennent de la compétitivité de nos entreprises mais aussi et surtout du travail efficace des organisations syndicales dans le passé.

 Nos spécificités et leurs textes contribuent à la richesse de notre dialogue social de branche, mais aussi et surtout, impactent positivement la productivité de nos entreprises par la protection qu’elles confèrent à ses salariés.

 Nous, CFE-CGC, sommes résolument progressistes et réformistes, mais le progrès ne doit pas être le prétexte à vouloir tout démolir sans savoir ce que l´on peut construire à la place.

 Joël Mottier

 

 

 

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